Absence de rupture dans le fonctionnement de l’assemblée nationale : Guy Marius Sagna et Ismaïla Diallo étalent leur divergence

0
0

Le député Guy Marius Sagna a dressé hier, jeudi 19 juin, à travers une publication sur sa page Facebook, le bilan détaillé de ses six premiers mois de mandature sous la 15e législature à l’Assemblée nationale, tout en dénonçant certaines dérives qu’il qualifie de « pratiques d’un autre âge » au sein de l’institution parlementaire. Cette sortie a poussé son camarade de parti et collègue du groupe d la majorité Pastef, Ismaïla Diallo, Premier vice-président de l’Assemblée nationale a monté au créneau pour l’accuser de « travailler à son propre agenda ».

L’unité du groupe parlementaire de la majorité Pastef est-il en train de s’effriter six mois à peine après l’installation de la 15e législature ? La question mérite bien d’être posée au regard de l’escalade verbale entre le Premier vice-président de l’Assemblée nationale, Ismaïla Diallo et son collègue de groupe, Guy Marius Sagna par réseaux sociaux interposés. En effet, dans une longue publication sur sa page Facebook, le député élu du département de Ziguinchor a dressé un bilan détaillé de ses six premiers mois de mandature sous la 15e législature à l’Assemblée nationale, tout en dénonçant certaines dérives qu’il qualifie de « pratiques d’un autre âge » au sein de l’institution parlementaire.

« Voilà ce que j’ai fait du mandat de député que vous m’avez confié chers compatriotes : 267 initiatives parlementaires dont : 264 questions écrites, 02 propositions de résolution de mise sur pied de commission d’enquête parlementaire, 01 proposition de résolution de mise en accusation de l’ancien président de la République » a énuméré Guy Marius Sagna avant de préciser : « Sur ces 267 initiatives parlementaires en six (06) mois, 28 initiatives parlementaires sont relatives au département de Ziguinchor soit 10,48% des initiatives parlementaires : pour le département de Ziguinchor j’ai déposé 27 questions écrites et 01 proposition de Commission d’enquête parlementaire. Plus de 93 réponses du gouvernement sur 264 questions écrites : 35,22% de réponses, 02 lettres adressées au Président de l’Assemblée nationale relative au Bureau du Sénégal à Paris ».

Par ailleurs, le député membre du groupe de la majorité Pastef a également dénoncé la persistance de ce qu’il qualifie de « pratiques d’un autre âge non conformes à l’exigence de rationaliser les dépenses de notre État ». Poursuivant son propos, Guy Marius Sagna estimant que « notre loyauté est envers le confort du peuple, notre seule boussole et non envers notre confort personnel ou envers des commodités politiques » a notamment pointé du doigt, la distribution de Sukëru koor par le groupe de la majorité parlementaire.

L’appui financier aux groupes parlementaires par l’Assemblée nationale sans pièces justificatives ni compte rendu fait aux membres de mon groupe parlementaire et à l’Assemblée nationale. La distribution aux députés de billets de pèlerinage à des lieux saints et la non-consultation des députés par l’Assemblée nationale et par le groupe de la majorité sur des questions importantes dont la problématique de l’achat ou non de voitures aux députés qui selon lui, « n’est qu’une illustration ». Mieux, le député de la majorité a également déploré les retards importants de l’Assemblée nationale et de sa Commission comptabilité et contrôle dont il dit être membre dans la présentation du rapport annuel 2024, celui du dernier trimestre de 2024 ainsi que le rapport du premier trimestre de 2025.

« Ces pratiques ne sont pas celles de PASTEF. C’est pourquoi, pour rappel, sur notre table de chevet doivent se trouver aussi : l’appel de PASTEF au “don de soi pour la patrie” » a-t-il rappelé en s’appuyant sur une citation de l’ancien Président du Conseil des ministres, Mamadou Dia « Nous ne devons pas confondre la dignité de la fonction avec le luxe et le gaspillage chez les représentants d’un peuple aussi démuni que le nôtre », mais celle du défunt président du Faso, Thomas Sankara.

«Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous».

 

Nando Cabral GOMIS

Leave a reply