Evacué de l’assemblée nationale par la gendarmerie : Abdou Mbow dénonce une « dérive dictatoriale »

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La séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée à l’examen de la proposition de loi n°17/2026 relative à la révision de la Constitution a été marquée par un incident qui a conduit à l’évacuation du député Abdou Mbow par des éléments de la Gendarmerie. À l’issue de cet épisode, le parlementaire a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte à la démocratie, accusant le pouvoir de vouloir réduire au silence l’opposition.

S’exprimant devant la presse, après son évacuation de la salle de la plénière de l’Assemblée nationale, Abdou Mbow a estimé que les événements survenus dans l’hémicycle traduisent une volonté d’imposer un pouvoir autoritaire. Il a déclaré que « le pays n’appartient pas » au Premier ministre Ousmane Sonko et a affirmé que l’opposition refusait de « jouer le jeu d’un pouvoir antidémocratique ».

Le député est allé plus loin en qualifiant Ousmane Sonko de « dictateur » et en l’accusant de vouloir « installer un régime fasciste » au Sénégal. Il a déclaré que les Forces de l’ordre ont été utilisées pour le « brutaliser », tout en assurant que cet épisode ne découragera pas son camp politique. « Aucune Force de l’ordre, aucune Armée ne pourra nous faire reculer. On va continuer à dire non à ce régime », a-t-il déclaré.

Au cours de son intervention, Abdou Mbow a également rappelé la condamnation judiciaire d’Ousmane Sonko dans l’affaire de corruption de la jeunesse, estimant que ce dernier n’avait pas les qualités requises pour diriger les institutions du pays.

Présente à ses côtés, Aïssata Tall Sall, la présidente du groupe parlementaire « Takku-Wallu » (opposition) a apporté son soutien au député et a dénoncé, elle aussi, le déroulement de la session parlementaire. Selon elle, l’objectif de leur démarche était de mettre en lumière ce qu’elle considère comme des pratiques contraires aux principes démocratiques.

« L’objectif a été atteint. C’était de montrer à la face du monde que ce qui se passe à l’Assemblée nationale est de la dictature et de la forfaiture. On a mis des gendarmes pour évacuer un député qui n’avait qu’un seul droit, celui de parler », a-t-elle affirmé.

L’ancienne ministre a conclu en saluant l’attitude de son collègue, estimant que cet incident illustre les tensions qui entourent actuellement les travaux parlementaires.

Cet épisode intervient dans un contexte de fortes crispations politiques entre la majorité et l’opposition, les débats à l’Assemblée nationale étant régulièrement marqués par des échanges houleux. Les autorités concernées n’avaient pas encore réagi publiquement aux accusations formulées par les responsables de l’opposition au moment de la rédaction de cet article.

OG

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