Gouvernance territoriale : l’ADM renforce le mécanisme de gestion des plaintes dans les départements

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L’Agence de développement municipal (ADM) a réuni, hier mercredi, préfets, Agences régionales de développement (ARD), services déconcentrés de l’État et partenaires autour d’un atelier consacré à l’installation et à l’harmonisation du mécanisme départemental de gestion des plaintes. Une étape jugée décisive pour améliorer la transparence, prévenir les conflits liés aux projets publics et accélérer les investissements dans les Collectivités territoriales.
Pour le secrétaire général de l’ADM, Pape Sambaré Ndiaye, ce dispositif s’inscrit dans la dynamique d’amélioration de la gouvernance locale portée par le PACASEN. Déjà opérationnel dans 124 communes pilotes ainsi que dans l’ensemble des départements du Sénégal, le mécanisme offre aux citoyens un cadre de dialogue et de médiation avant tout recours judiciaire. « Il permet aux populations de disposer d’un interlocuteur lorsque surgissent des difficultés liées à la mise en œuvre des projets. L’objectif est de résoudre les différends à l’amiable, dans un esprit de transparence et de concertation », a expliqué le secrétaire général de l’ADM.
Selon lui, la création des Commissions départementales répond à une nécessité : prévenir les tensions qui naissent souvent autour des projets d’infrastructures ou de développement, qu’il s’agisse d’expropriations, de nuisances ou d’autres impacts sur les populations. Appuyé par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), le mécanisme est appelé à devenir un outil permanent de gouvernance publique. Au-delà du règlement des différends, il permettra de réduire les coûts liés aux contentieux judiciaires et de renforcer la confiance entre les collectivités et les citoyens, conformément aux orientations de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Intervenant à son tour, le Directeur de l’Action territoriale au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mamadou Diokhané, a rappelé que cette initiative s’inscrit pleinement dans la territorialisation des politiques publiques consacrée par l’article 102 de la Constitution. « L’action publique doit désormais être conduite avec l’ensemble des acteurs territoriaux, y compris les bénéficiaires des projets. Le mécanisme de gestion des plaintes constitue un instrument de médiation indispensable pour éviter que les différends ne bloquent les investissements publics », a-t-il soutenu.
Le responsable a insisté sur la transformation de l’administration sénégalaise, désormais appelée à devenir une administration de développement, fondée sur la proximité, la transparence, la communication et la reddition des comptes. « Aujourd’hui, l’administration doit informer, écouter, dialoguer et parfois même négocier avec les populations. Les citoyens doivent être pleinement associés à la mise en œuvre des politiques publiques », a-t-il affirmé. Pour Mamadou Diop Kane, le mécanisme offre également aux bénéficiaires des projets un cadre officiel pour signaler toute irrégularité ou tout préjudice constaté sur le terrain, sans compromettre l’exécution des investissements.
Les participants ont enfin plaidé pour une harmonisation des pratiques à l’échelle nationale, afin que les Commissions communales et départementales fonctionnent de manière complémentaire. L’ambition affichée est de faire de ce mécanisme un véritable levier de prévention des conflits, de protection des citoyens et d’amélioration durable de la gouvernance territoriale au Sénégal.
Samba Niébé BA

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