
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié son rapport mensuel sur les marchés mondiaux des produits alimentaires, indiquant un recul global de son indice des prix en mai 2025. L’indice s’est établi en moyenne à 127,7 points, soit une baisse de 1,0 point, équivalente à 0,8 % par rapport à avril 2025.
Cette évolution s’explique par des tendances contrastées : alors que les prix de la viande et des produits laitiers ont légèrement progressé, les cours des céréales, des huiles végétales et du sucre ont enregistré des replis notables, influençant la baisse globale de l’indice. L’indice FAO des prix des céréales a atteint une moyenne de 109,0 points, soit une baisse de 1,8 % par rapport à avril, et de 8,2 % sur une base annuelle. Ce fléchissement s’explique principalement par la forte concurrence sur les marchés internationaux et l’abondance saisonnière des disponibilités, notamment en provenance d’Argentine et du Brésil, où les récoltes de maïs ont progressé plus rapidement que l’an dernier.
Le sorgho et l’orge ont connu une même dynamique de repli, tandis que le blé a légèrement reculé, sous l’effet d’une demande mondiale toujours faible et de meilleures conditions agricoles dans l’hémisphère Nord.
Huiles végétales : nouvelle baisse malgré un niveau annuel élevé
L’indice des prix des huiles végétales s’est établi à 152,2 points, en repli de 3,7 % par rapport au mois précédent, bien qu’il demeure supérieur de 19,1 % à sa valeur de mai 2024. La baisse concerne notamment les huiles de palme, de colza, de soja et de tournesol, affectées par des ajustements d’offre sur les principaux marchés exportateurs.
Viandes : hausse soutenue par la demande internationale
Le segment des viandes affiche une progression mensuelle : l’indice FAO a atteint 124,6 points, soit une hausse de 1,3 % en un mois, et de 6,8 % sur un an. La tendance est principalement tirée par la hausse des prix des viandes bovine, ovine et porcine, dans un contexte de demande mondiale soutenue et de réduction des exportations dans plusieurs pays producteurs.
En revanche, les prix de la volaille ont fléchi, sous l’effet de restrictions à l’importation imposées à la suite de la découverte de cas de grippe aviaire au Brésil, engendrant une surcharge de l’offre locale et une pression à la baisse sur les cours.
Produits laitiers : une dynamique de croissance marquée par des tensions sur l’offre
L’indice des prix des produits laitiers a atteint 153,5 points, soit une hausse de 0,8 % en un mois et de 21,5 % sur un an. Cette augmentation est portée par la forte demande asiatique et moyen-orientale, conjuguée à une offre restreinte, notamment en Australie. Le prix du beurre reste historiquement élevé, malgré une modération de la demande dans l’Union européenne.
Les prix du fromage poursuivent leur progression, stimulés par la restauration en Asie et des conditions de production défavorables en Europe. Le lait entier en poudre a augmenté de 4 %, porté par la demande chinoise. Seul le lait écrémé en poudre a légèrement reculé (–0,2 %), en raison de l’abondance des disponibilités exportables, malgré une demande soutenue au Proche-Orient et en Afrique du Nord.
Sucre : troisième baisse consécutive liée à l’incertitude économique
L’indice FAO des prix du sucre s’est établi à 109,4 points, soit une diminution mensuelle de 2,6 %, marquant la troisième baisse consécutive. Il affiche désormais un recul de 6,6 % sur un an. Cette tendance est attribuée à l’affaiblissement de la demande mondiale, dans un contexte économique incertain. Les industries des boissons et de la transformation alimentaire sont particulièrement touchées par les prévisions prudentes de consommation.
Une tendance annuelle encore positive, mais en repli depuis le pic de 2022
Malgré la baisse mensuelle observée en mai, l’indice des prix alimentaires demeure supérieur de 6 % à celui de l’année précédente. Toutefois, il reste inférieur de 20,3 % à son niveau record de mars 2022, illustrant une certaine stabilisation des marchés agricoles mondiaux, mais aussi la volatilité structurelle des filières alimentaires dans un monde marqué par l’instabilité géopolitique, les aléas climatiques et les incertitudes économiques globales.
JEAN PIERRE MALOU










