Jeunesse : l’urgence d’une culture de l’État de droit

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Le Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme a accueilli, hier, jeudi 7 mai, la deuxième session de l’École de Leadership pour la Citoyenneté Capacitaire et la Démocratie (ELCAD 2026), promotion Amadou Mahtar Mbow. Organisée par Afrikajom Center en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme, cette rencontre s’inscrit dans un vaste programme de formation destiné aux jeunes issus des partis politiques et des mouvements citoyens autour des enjeux liés à la démocratie, à l’État de droit et aux droits humains.

Portant sur le module 2 intitulé : « État de droit, démocratie, droits humains : normes, valeurs et principes », cette session a réuni plusieurs jeunes issus de partis politique mais également de mouvements citoyens venus échanger avec les participants sur les défis contemporains de la gouvernance démocratique au Sénégal.

Prenant la parole, le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine, a insisté sur le lien indissociable entre démocratie et État de droit. Selon lui, la démocratie ne peut exister sans un cadre juridique garantissant les libertés fondamentales et limitant l’arbitraire du pouvoir.

« L’État de droit, c’est le droit qui arrête la puissance de l’État », a-t-il affirmé, rappelant que les principes modernes de démocratie se sont construits à partir des grandes révolutions ayant consacré l’égalité des citoyens devant la loi et les droits humains universels.

Pour le fondateur de Afrikajom Center, la protection de l’État de droit dépend avant tout de l’engagement citoyen. Il a averti contre l’indifférence face aux violations des libertés, estimant que « le silence face aux atteintes aux droits humains fragilise la démocratie ».

Revenant sur les crises politiques récentes au Sénégal, notamment autour des débats sur le troisième mandat, Alioune Tine a exhorté les jeunes à développer une véritable culture de l’État, des institutions et des principes républicains. « Si vous n’avez pas une bonne culture de l’État et des droits humains, l’exercice du pouvoir devient extrêmement difficile », a-t-il prévenu.

Le représentant du Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme, Ange Atta, a pour sa part salué une initiative qui contribue à renforcer les capacités d’une jeunesse appelée à jouer un rôle central dans la consolidation démocratique.

« Les droits humains constituent le socle de la stabilité et de la cohésion sociale lorsqu’ils sont bien compris et bien mis en œuvre », a-t-il déclaré. Il a rappelé que la démocratie ne se limite pas à l’organisation d’élections, mais repose également sur la participation citoyenne, le pluralisme, la transparence et la responsabilité des gouvernants.

Ainsi, dans un contexte marqué par les tensions politiques, la désinformation et le rétrécissement de l’espace civique, Ange Atta a insisté sur la nécessité de former des leaders capables de défendre les principes démocratiques et les libertés fondamentales.

L’administrateur du journal Sud Quotidien, Vieux Savané a fondé son intervention sur le rôle déterminant joué par les médias privés dans la démocratisation de l’espace public. Il a rappelé que durant les premières décennies post-indépendance, les médias publics reflétaient essentiellement la parole officielle, avant l’émergence de la presse privée dans les années 1980.

Selon lui, cette presse indépendante a permis d’élargir le débat public, de donner la parole à l’opposition et de renforcer l’accès des citoyens à une information pluraliste. « Il ne peut pas y avoir de démocratie sans citoyens informés », a-t-il soutenu.

Abordant les mutations actuelles du paysage médiatique, Vieux Savané a également mis en garde contre les dérives liées aux réseaux sociaux et à la circulation d’informations non vérifiées. Il a plaidé pour un journalisme fondé sur la rigueur, la vérification des faits et la responsabilité éditoriale.

À travers cette deuxième session de l’ELCAD 2026, Afrikajom Center entend contribuer à l’émergence d’une jeunesse mieux formée aux valeurs démocratiques et davantage engagée dans la défense des droits humains et de l’État de droit.

Ousmane GOUDIABY

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