Planification familiale : les enjeux du financement durable

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Le Sénégal entend accélérer ses efforts en matière de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile. Cette ambition a été réaffirmée lors de l’Atelier de mobilisation des parties prenantes de haut niveau organisé dans le cadre de l’initiative de l’Alliance SASA et de Samasha. La rencontre visait à renforcer le plaidoyer pour la couverture sanitaire universelle et le financement durable de la planification familiale.

Chargée de la présentation de la situation au Sénégal, Dr Ndeye Awa Diagne de la Direction de la mère et de l’enfant du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a rappelé que la planification familiale constitue un levier essentiel de la Vision Sénégal 2050. Selon elle, l’amélioration de l’accès à la contraception permet de réduire les grossesses non désirées, les complications obstétricales et la mortalité maternelle et infantile.

Les données de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) 2023 montrent une progression du taux de prévalence contraceptive moderne, passé de 4,8 % en 1992 à 25,6 % aujourd’hui. Toutefois, le Sénégal vise 46 % d’ici 2030, un objectif qui nécessite encore d’importants efforts.

Dr Diagne a également souligné la baisse de la mortalité maternelle, passée de 510 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1992-1993 à 153 décès en 2023. Malgré ces avancées, des disparités persistent entre les régions, notamment en matière de mortalité néonatale.

Selon les projections du projet Track20, l’utilisation des méthodes contraceptives modernes par près de 900 000 femmes a permis d’éviter 353 000 grossesses non désirées, 75 000 avortements à risque et 640 décès maternels.

Pour améliorer ces résultats, plusieurs stratégies sont mises en œuvre : campagnes gratuites de planification familiale, implication des hommes à travers « l’École des maris », renforcement de l’offre communautaire et intégration des services de planification familiale aux soins maternels et infantiles.

Cependant, plusieurs défis demeurent, notamment les rumeurs autour des contraceptifs, les ruptures de stocks, le manque de personnel dans certaines zones et la faible mobilisation des ressources domestiques.

En conclusion, Dr Diagne a plaidé pour « une approche inclusive, durable et adaptée aux réalités du pays » afin de garantir un accès universel aux services de planification familiale et renforcer durablement la santé des femmes et des enfants au Sénégal.

Pour sa part, Patrick Mugirwa, Directeur régional PPDARO/SASA, a indiqué que cette rencontre devait permettre de consolider les acquis et de relever les défis persistants liés au financement de la santé. « Nous sommes ici pour soutenir l’élan déjà engagé dans le domaine de la santé de la mère, de l’enfant et de la planification familiale », a-t-il affirmé.

Il a rappelé que les travaux porteront sur trois axes majeurs : la réduction du déficit de financement, l’accompagnement des politiques publiques afin de les rendre plus soutenables, ainsi que le renforcement du plaidoyer adapté au contexte actuel du Sénégal. « Tout cela se fera en partenariat avec les autorités locales et les communautés », a conclu Patrick Mugirwa.

Ousmane GOUDIABY

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