Recherche et innovation : Thiès mise sur la science pour accélérer la transformation économique

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Réunis, ce jour, à Thiès pour la 5 édition du Symposium interdisciplinaire ENSA-EPT, chercheurs, universitaires et professionnels ont plaidé pour une recherche davantage tournée vers les besoins du développement. À travers l’agriculture, l’élevage et les nouvelles technologies, le Sénégal entend faire de la science un levier stratégique de souveraineté économique et alimentaire.

L’ouverture, ce mercredi 18 juin, de la cinquième édition du Symposium interdisciplinaire ENSA-EPT a mis en lumière le rôle central de l’innovation dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise. Placée sous le thème « Sciences et technologies au service du développement durable », cette rencontre réunit des enseignants-chercheurs, des étudiants, des décideurs publics, des représentants du secteur privé et des partenaires techniques autour des enjeux liés à l’agriculture, à l’élevage et à la gestion durable des ressources naturelles.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre délégué chargé de l’Élevage, Me Ousmane Diagne, a souligné que la maîtrise des connaissances scientifiques constitue désormais un enjeu de souveraineté nationale. « La science n’est plus un luxe académique. Elle est devenue un instrument stratégique de souveraineté », a-t-il déclaré, appelant à un renforcement des investissements dans la recherche et l’innovation.

La connaissance au cœur de la Vision Sénégal 2050

Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la pression démographique, la dégradation des ressources naturelles et les tensions énergétiques mondiales, le gouvernement mise sur l’innovation pour renforcer la résilience de l’économie nationale. Cette orientation s’inscrit dans le cadre de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui place le capital humain, la recherche et les nouvelles technologies parmi les principaux moteurs de croissance et de compétitivité.

Le Symposium ENSA-EPT, organisé conjointement par l’École Nationale Supérieure d’Agriculture (ENSA) et l’École Polytechnique de Thiès (EPT), s’est progressivement imposé comme l’un des principaux espaces d’échanges scientifiques du pays sur les questions agricoles et environnementales.

Moderniser l’élevage grâce à l’innovation

Le ministre a particulièrement insisté sur les défis auxquels fait face le secteur de l’élevage, pilier de l’économie rurale et de la sécurité alimentaire nationale. Malgré son poids économique et social, la filière demeure confrontée à de nombreuses contraintes : variabilité climatique, raréfaction des ressources pastorales, pression foncière, risques sanitaires et difficultés d’accès aux marchés.

Pour améliorer la productivité et la résilience du secteur, Me Ousmane Diagne a plaidé en faveur du développement de solutions technologiques adaptées aux réalités locales. Parmi les pistes évoquées figurent la mise en place de systèmes d’information pastoraux intelligents, le recours à des modèles prédictifs pour la gestion des ressources fourragères, la digitalisation du suivi sanitaire du cheptel ainsi que le développement de techniques innovantes de conservation des aliments du bétail.

Il a également insisté sur l’importance de l’amélioration génétique des races locales et du renforcement des chaînes de valeur du lait, de la viande et des produits dérivés.

Renforcer les passerelles entre laboratoires et entreprises

Au-delà de la production scientifique, les participants ont souligné la nécessité d’accélérer le transfert des résultats de la recherche vers les acteurs économiques. Pour le ministre, l’enjeu est de construire un écosystème d’innovation associant universités, centres de recherche, organisations professionnelles et secteur privé afin de transformer plus rapidement les découvertes scientifiques en solutions concrètes pour les exploitations agricoles et les entreprises. Les travaux présentés lors du symposium portent notamment sur les performances des mini-fermes laitières, la valorisation nutritionnelle des productions agricoles et les interactions entre biodiversité et santé animale, autant de domaines susceptibles de générer des gains de productivité et de nouvelles opportunités économiques.

La jeunesse scientifique appelée à jouer un rôle clé

S’adressant aux étudiants et aux jeunes chercheurs, Me Ousmane Diagne a insisté sur la nécessité de développer des innovations répondant aux défis du continent. Agriculture de précision, intelligence artificielle appliquée à la gestion des exploitations, biotechnologies, énergies renouvelables ou encore irrigation intelligente figurent parmi les secteurs identifiés comme prioritaires.

Le gouvernement a réaffirmé son engagement à soutenir les institutions d’enseignement supérieur et les centres de recherche afin que leurs travaux contribuent davantage à l’élaboration des politiques publiques et à l’atteinte des Objectifs de développement durable. Les travaux du Symposium ENSA-EPT 2026 se poursuivront jusqu’à la fin de la semaine à Thiès, à travers plusieurs conférences, ateliers thématiques et sessions interdisciplinaires consacrés aux innovations scientifiques au service d’un développement économique durable.

JEAN PIERRE MALOU

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