Résultats records au CFEE : la COSYDEP appelle à une analyse approfondie

0
0

Le taux de réussite inédit de 94,49 % enregistré au Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) ne doit pas occulter les questions qu’il soulève. Dans un communiqué rendu public hier, mardi 30 juin, la COSYDEP appelle à une évaluation objective de cette performance, tout en invitant les acteurs politiques à préserver la sérénité des candidats au baccalauréat et au BFEM.

Si la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) salue les résultats historiques du CFEE 2026, elle estime qu’ils méritent d’être examinés avec rigueur. Avec un taux de réussite de 94,49 %, en hausse de 23,76 points par rapport à l’année précédente, cette première session organisée sans le concours d’entrée en sixième marque un tournant dans l’histoire de cet examen. Pour la COSYDEP, cette progression « spectaculaire » interpelle d’autant plus qu’elle dépasse largement les fluctuations habituellement observées entre deux sessions. « Une analyse comparée des écarts entre les moyennes nationales révèle que les fluctuations des résultats au CFEE, d’une année à l’autre, sont généralement inférieures à 10 points (baisse de 10 points entre 2020 et 2021 ; hausse de 11 points entre 2021 et 2022 ; hausse de 08 points entre 2022 et 2023 ; baisse de 16 points entre 2023 et 2024 ; hausse de 05 points entre 2024 et 2025). Dès lors, la hausse de 23,76 points entre 2025 et 2026 mérite une analyse objective afin d’identifier les facteurs explicatifs et d’en tirer les enseignements pour les prochaines sessions », a-t-elle souligné.

La COSYDEP s’interroge notamment sur le rôle qu’ont pu jouer l’essai national organisé avant les examens, l’évaluation par compétences ou encore les conséquences des nombreuses heures de grève enregistrées durant l’année scolaire. Autant d’hypothèses qui, selon elle, doivent être examinées à la lumière de données probantes.

Au-delà de cette analyse, la COSYDEP a formulé plusieurs recommandations pour améliorer durablement la qualité de l’éducation. Elle propose de « consolider le cycle fondamental de 10 ans pour assurer à chaque enfant l’acquisition des compétences minimales nécessaires à son autonomie (diagnostic des faiblesses, dispositif de remédiation, suivi à domicile, etc.). Elle préconise une « redéfinition du concept de qualité au-delà du seul maniement de la langue pour le rendre plus opérationnel et moins polysémique ». La COSYDEP invite aussi à « optimiser les déterminants de la qualité : respect du quantum horaire, réduction des effectifs, supports, disponibles, salles de classe adaptées, motivation des enseignants, curricula pertinents, participation communautaire active, introduction des langues nationales et évaluations objectives ». Dans le même temps, la COSYDEP appelle à préserver un climat apaisé durant les examens nationaux. Elle regrette que les turbulences politiques coïncident avec le calendrier scolaire et estime que les agendas politiques devraient tenir compte des échéances éducatives afin de ne pas perturber les candidats.

 

M DJIGO

Leave a reply