Services climatiques : Dakar plaide pour une gouvernance climatique renforcée

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Réunis à Dakar du 1er au 3 juillet dans le cadre du projet ClimSA, les acteurs africains et leurs partenaires internationaux ont appelé à intégrer pleinement les services climatologiques dans les politiques publiques. Pour l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Sénégal, une gouvernance plus robuste, des investissements durables et une coopération régionale accrue sont désormais indispensables pour renforcer la résilience de l’Afrique face au changement climatique.

Le Dialogue politique sur l’intégration des services climatologiques et le retour d’expérience sur le renforcement des capacités en Afrique de l’Ouest et centrale s’est ouvert ce mardi à Dakar et se poursuivra jusqu’au 3 juillet. Organisée dans le cadre du projet ClimSA, la rencontre rassemble les directeurs des services météorologiques nationaux, des représentants de l’Union africaine, de la CEDEAO, de l’Union européenne ainsi que plusieurs institutions régionales, dont l’ACMAD, le CILSS, AGRHYMET et le CAPC-AC.

À l’ouverture des travaux, la représentante de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), Marianne Diop Kane, a salué l’engagement des autorités sénégalaises et le leadership de la Commission de l’Union africaine dans la promotion des services climatiques sur le continent.

Elle a rappelé que l’Afrique demeure l’une des régions les plus exposées aux effets du changement climatique, confrontée à une multiplication des sécheresses, des inondations, des vagues de chaleur et des tempêtes qui compromettent durablement le développement économique et social.

Face à ces défis, elle a estimé que la réponse doit reposer sur « la science, la coopération et l’anticipation ». Les services climatologiques et les systèmes d’alerte précoce constituent, selon elle, des outils essentiels pour protéger les populations, sécuriser les investissements, améliorer la gestion des ressources en eau et renforcer la sécurité alimentaire.

Toutefois, leur efficacité dépend de leur intégration dans les politiques publiques et de l’existence de cadres institutionnels solides, conformément aux orientations de la Stratégie africaine intégrée pour la météorologie.

Pérenniser les acquis du projet ClimSA

Revenant sur les résultats du projet ClimSA, financé par l’Union européenne avec l’appui technique de l’OMM, Mme Kane a souligné les progrès accomplis dans le renforcement des capacités des centres climatiques régionaux et des services météorologiques nationaux. Alors que le programme arrive à son terme, elle a plaidé pour la consolidation de ses acquis à travers leur intégration dans les plans nationaux d’adaptation, les Contributions Déterminées au niveau National (CDN), ainsi que les stratégies nationales de développement. Elle a également inscrit cette rencontre dans la dynamique de l’initiative des Nations unies « Alertes précoces pour tous », portée conjointement par l’OMM et l’UNDRR, rappelant qu’aucun pays ne peut faire face seul aux conséquences du changement climatique. Selon elle, des investissements soutenus dans les services climatologiques peuvent transformer les risques climatiques en véritables opportunités de développement.

Le Sénégal mise sur une gouvernance intégrée

Intervenant au nom du ministre des Transports terrestres et aériens, le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), Diaga Basse, a souhaité la bienvenue aux délégations présentes avant de souligner la portée stratégique de cette rencontre pour l’avenir de la gouvernance climatique en Afrique. Il a défendu un changement de paradigme, estimant que les services climatologiques ne doivent plus être perçus comme de simples outils scientifiques, mais comme de véritables instruments d’aide à la décision publique.

Selon lui, l’enjeu ne réside plus uniquement dans la production de données de qualité, mais dans leur utilisation effective par les secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie, l’aviation, la santé ou encore la gestion des catastrophes. Le directeur général de l’ANACIM a présenté les principales initiatives engagées par le Sénégal, notamment le développement de produits climatologiques adaptés aux secteurs prioritaires, le renforcement des systèmes d’alerte précoce, la modernisation des plateformes de diffusion des informations météorologiques ainsi que la consolidation des partenariats avec les ministères, les collectivités territoriales et le secteur privé.

Cinq priorités pour accélérer la transformation

Pour réussir cette intégration des services climatologiques dans les politiques publiques, le Sénégal préconise cinq axes prioritaires : renforcer la gouvernance institutionnelle, assurer des investissements durables dans les réseaux d’observation et les infrastructures numériques, mieux valoriser les données climatiques dans les décisions publiques, intensifier la coopération entre les services météorologiques africains et associer davantage les utilisateurs à la conception des services.

En conclusion, le directeur général de l’ANACIM a rappelé que le changement climatique ignore les frontières et appelle des réponses concertées à l’échelle régionale. Il a exprimé le souhait que les échanges de Dakar débouchent sur des recommandations concrètes afin d’accélérer l’intégration des services climatologiques dans les stratégies nationales de développement et de renforcer la résilience des pays d’Afrique de l’Ouest et centrale face aux défis climatiques.

JEAN PIERRE MALOU

 

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